Brecht Vandenbroucke et son design Kiwi Maté
Bienvenue dans l'univers créatif de Brecht Vandenbroucke, illustrateur et artiste visuel, qui a créé un design saisissant pour la saveur Kiwi Maté de Yugen avec son style unique et son imagination débordante.
BRECHT, PEUX-TU NOUS PARLER UN PEU DE TOI ET DE LA FAÇON DONT TA PASSION POUR LE DESSIN A COMMENCÉ ?
Je m'appelle Brecht Vandenbroucke, j'ai 40 ans, et je travaille comme dessinateur, illustrateur et artiste visuel. Le dessin a toujours été une constante dans ma vie. Je dessinais déjà tout le temps quand j'étais enfant, et cela n'a jamais vraiment changé. C'est probablement la seule chose que je sais faire et que j'aime vraiment.
OÙ TROUVES-TU TON INSPIRATION ?
L'inspiration vient vraiment de partout. Le monde qui m'entoure joue un grand rôle : ce que je vois, les couleurs, les formes, mais aussi l'actualité. Je puise aussi beaucoup dans la littérature, les livres et les objets. Même les jouets ou les choses que je collectionne peuvent devenir le point de départ d'une idée.
Tout ce qui m'intéresse peut finalement se retrouver dans mon travail. C'est un flux constant d'impressions qui se traduit en images.

TON TRAVAIL SEMBLE MODERNE, MAIS TON PROCESSUS EST LENT ET DÉLIBÉRÉ. COMMENT VOIS-TU CET ÉQUILIBRE ?
J'essaie de créer des œuvres contemporaines, mais la peinture me ralentit délibérément. Dans un monde moderne au rythme effréné, la peinture est en fait un processus très lent et superposé.
Cette lenteur me donne de la liberté. Je peux ajuster les choses, les repeindre, les repenser. Les erreurs ne sont pas un problème — elles font partie du processus. C'est précisément là que je trouve l'espace pour vraiment créer.
QUELS MATÉRIAUX ET TECHNIQUES UTILISES-TU ?
Au fond, je suis un dessinateur linéaire. Je travaille beaucoup avec des lignes, un peu dans la tradition de la « ligne claire », comme vous le savez peut-être avec Tintin.
Mes images commencent souvent comme des dessins au trait, comme des constructions. Mais pendant le processus de peinture, quelque chose de plus se produit : des volumes, de la lumière et de l'ombre, des textures et des couleurs commencent à émerger. Cela transforme la ligne en quelque chose de plus riche.
Je me considère donc comme une sorte d'artiste linéaire « caché » qui peint.

TON ATELIER EST REMPLI DE JOUETS ET D'OBJETS. QUEL RÔLE JOUENT-ILS DANS TON TRAVAIL ?
J'ai toujours été un collectionneur. J'aime assembler les choses et créer des tensions entre différents objets. Mon travail est assez éclectique, tant dans les formes que dans les couleurs.
Pour moi, collectionner est une façon de comprendre le monde. J'essaie de connecter des choses qui ne semblent pas liées au premier abord. C'est dans ces rencontres que quelque chose de nouveau émerge.
La mémoire joue également un grand rôle. Beaucoup de ces objets ont une signification personnelle, mais ils sont aussi reconnaissables par d'autres. Ils apparaissent souvent dans mon travail, où ils prennent presque vie, créant un effet légèrement surréaliste.
L'HUMOUR JOUE UN RÔLE IMPORTANT DANS TON TRAVAIL. POURQUOI ?
Mon travail est très narratif, et je veux que les gens ressentent quelque chose en le regardant. L'humour est un moyen de créer un pont vers le spectateur.
Les émotions sont étroitement liées – un rire et une larme peuvent coexister. L'humour aide à créer cette connexion et à déclencher quelque chose chez les gens.
C'est aussi simplement ma façon d'aborder la vie. Cette attitude se transpose naturellement dans mon travail.

TU AS GRANDI DANS UNE FERME EN FLANDRE OCCIDENTALE. COMMENT AS-TU ÉVOLUÉ DE CE MILIEU VERS UN ARTISTE AYANT DES CLIENTS INTERNATIONAUX ?
Je n'ai pas grandi entouré de « grand art », mais j'ai toujours eu l'envie et la motivation de créer. C'est ma force motrice.
Il n'y a jamais eu de plan strict derrière ma carrière. Il s'agit plutôt d'être ouvert aux opportunités et de voir ce qui se présente. Si une collaboration me semble juste et que j'y adhère, je fonce.
Je considère les missions comme des cadeaux. On ne sait jamais où on va atterrir, il est donc important de faire confiance au processus et de continuer.
AVEC QUI AS-TU TRAVAILLÉ EN TANT QUE CLIENT ?
C'est très varié. J'ai conçu des tissus pour Prada, des t-shirts pour Lacoste, et créé des illustrations pour Wired Magazine, Variety et The New York Times.
Plus près de chez moi, j'ai travaillé pour des publications comme De Standaard, Humo et De Morgen, et aux Pays-Bas pour le Guide VPRO.
Je crée aussi des livres, des bandes dessinées, des estampes et des pochettes d'albums. J'apprécie vraiment cette variété. Pour moi, peu importe qu'il s'agisse d'une grande marque ou d'un petit projet, le travail en lui-même doit juste être bon.

COMMENT ABORDES-TU UNE NOUVELLE ILLUSTRATION ?
Mon processus commence par l'écriture et l'esquisse. J'ai toujours des carnets de croquis avec moi et je fais beaucoup de recherches au préalable.
Pour les travaux commandés, j'envoie d'abord des croquis pour voir si nous allons dans la bonne direction. Le feedback est important, il m'aide à ne pas rester enfermé dans mes propres pensées.
Je travaille presque entièrement à la main, avec un stylo, de l'encre et un crayon. Cette qualité tactile est importante pour moi. Cela semble plus authentique, et de plus, nous passons déjà assez de temps devant les écrans. J'ai aussi des migraines à cause d'un temps d'écran excessif.
QU'EST-CE QUI REND TON TRAVAIL RECONNAISSABLE ?
Mon travail est coloré, souvent humoristique, et contient une touche de surréalisme. Mais surtout, j'essaie toujours de raconter quelque chose.
La reconnaissabilité réside principalement dans les personnages, les couleurs, et la combinaison de la fantaisie et de l'émotion.

COMMENT S'EST DÉROULÉE LA COLLABORATION AVEC YUGEN ?
J'ai été contacté par Yugen et on m'a demandé si je voulais créer un design.
Ce qui m'a vraiment plu, c'est la liberté qui m'a été donnée. C'était une véritable carte blanche : « proposez simplement une idée ».
J'ai envoyé quelques croquis, et nous nous sommes rapidement mis d'accord sur une direction. La seule vraie limite était le format, mais c'est en fait quelque chose que j'apprécie : être créatif dans un cadre.
PEUX-TU DÉCRIRE LE DESIGN QUE TU AS CRÉÉ POUR YUGEN ?
Je voulais créer une image dynamique, quelque chose qui bouge et qui rayonne d'énergie.
L'idée d'une roue ou d'un cycle m'est venue rapidement – quelque chose qui avance. J'ai combiné cela avec des formes organiques, ce qui m'a mené à une sorte de créature végétale.
Cette créature chevauche une sorte de moto, mais au lieu de gaz d'échappement, des fleurs en sortent. L'image devait être positive et vivante.
On peut aussi voir des tortues dépassées, ce qui renforce le sentiment de mouvement. Au total, c'est un univers ludique et joyeux basé sur les plantes, les formes et l'imagination.

QUEL EFFET CELA FAIT-IL DE VOIR TON TRAVAIL SUR UN PRODUIT AU SUPERMARCHÉ ?
Je trouve ça vraiment amusant. J'aime l'idée que les images fassent partie du quotidien.
J'ai toujours été fasciné par les logos et les mascottes de marques. Pour ce projet, je voulais créer une sorte de mascotte pour la saveur Kiwi Mate – une sorte d'incarnation d'un sentiment. Cette idée de reconnaissabilité et d'émotion était centrale.
Ce qui est également agréable, c'est que l'objet continue d'exister. Une bouteille peut avoir une seconde vie ; ma belle-mère, par exemple, en utilise une comme vase. L'œuvre continue de vivre, et c'est ce qui la rend spéciale.
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